Un robot pour pilote ?

Un étudiant en journalisme à Lannion, stagiaire dans un journal de l’ouest de la France, m’avouait il y a quelques mois : « Lorsque j’ai fini mon article, j’ai demandé à mon rédacteur en chef de le relire pour m’assurer de sa bonne structure, il m’a rétorqué que je n’avais qu’à confier ce travail à l’IA. » Point barre. Le jeune homme, pourtant habitué à l’usage de cette nouvelle technologie, est tombé de sa chaise. Voilà l’erreur à ne pas commettre avec l’intelligence artificielle. La considérer comme un agent remplaçant l’être humain. Plutôt que de s’en servir comme un outil. Car l’apprenti ne se nourrit plus ici des critiques de ses mentors, il applique simplement ce que lui recommande la machine. Triste réalité.
L’intégration de l’IA ne s’improvise pas
Il faut s’y connaître avant d’incorporer l’intelligence artificielle à ses processus d’entreprise. Se poser les questions : où va-t-elle m’apporter un surplus de productivité ? Quelles tâches dois-je automatiser ? Et… Pourrait-elle perturber mes équipes ? Son emploi doit donc être raisonné. Car, non seulement, selon une étude Workday, le gain de productivité reste limité. 40 % du temps gagné seraient perdus en vérifications et corrections d’erreurs. Puis, le coût environnemental des centres de données qu’elle utilise (qui pompent l’eau) est énorme. Enfin, car notre système social en entier est menacé. Dans son ouvrage « Le dernier salaire », l’économiste belge Bruno Colmant rappelle que l’IA ne cotise pas. Ni pour la santé, ni pour les retraites. Ce qui pourrait accélérer notre chute !
Guillaume Cordeaux